CHARTE DU COLLECTIF LES FOUGERES – CEISP 37

Validée le 18 mars 2026 par son conseil collégial

 

PRÉAMBULE

L’association Les Fougères est un collectif d'entraide dédié aux personnes confrontées à des troubles psychiques, cognitifs ou du neurodéveloppement, ainsi qu'à celles vivant des situations de vulnérabilité. Notre collectif se fonde sur une gouvernance collégiale, un accueil inconditionnel, et une valorisation de la pair-aidance. Notre mission est de favoriser l'insertion sociale et professionnelle des adhérents, tout en luttant contre l'isolement et la stigmatisation. Nous entendons enfin promouvoir l’accès à la culture sous toutes ses formes.

 

L’association Les Fougères – CEISP37, reconnue d’intérêt général et régie par la loi du 1er juillet 1901, s'engage à offrir un environnement laïque, apolitique, non discriminant et non lucratif, où chacun peut s'épanouir et s'emparer de sa propre vie.

Toute personne, peu importe son statut, prend l’engagement de :

  • Cultiver la bienveillance, l’écoute et le soutien mutuel
  • Prendre soin du lieu, des personnes et du collectif
  • Être acteur de son propre parcours
  • Respecter la confidentialité, les paroles et les rythmes

 

  1. Accueil

 

Article 1 : Accueil Inconditionnel

Toute personne est accueillie sans condition d’admission, sans orientation ni reconnaissance préalable de handicap.

 

Article 2 : Les membres de l’association

Pour être adhérent, il faut s’inscrire à l'association, avoir un projet personnalisé, venir au moins une fois par mois, et participer à la vie du lieu. Toute autre personne participant au lieu, peu importe son statut se doit également de respecter la présente charte. Tout membre de l’association signe et s’engage au respect de la charte de l’association.

Cinq typologies de membre constituent le collectif de l’association :

  • Les visiteurs : Ce sont les personnes qui découvrent l’association, ses locaux, ses actions. Pour une durée maximale de 2 mois, tout visiteur peut expérimenter ce que propose le lieu sans aucun engagement de sa part. A la fin du deuxième mois, tout visiteur doit déterminer s’il souhaite continuer au sein de l’association, et donc y adhérer, ou la quitter.
  • Les adhérents : au cœur du projet, ce sont les personnes concernées par des souffrances psychiques, TND ou troubles cognitifs souhaitant s’investir dans le lieu comme levier d’insertion sociale et professionnelle. Toute personne venant participer en tant que bénévole à la vie du lieu est aussi considéré comme adhérente.
  • Les bienfaiteurs : par leur soutien à l’association, ils contribuent et permettent à l’association de réaliser ses projets. Ils sont informés sur la vie du lieu, et participent à l'Assemblée Générale.
  • Les salariés : embauché par l’association, ils sont intégrés au conseil consultatif.
  • Les partenaires : Acteurs nationaux comme associations locales, les partenaires sont institutions et personnes avec qui la coopération soutien la mission de l’association et la dynamique des parcours sur le territoire.

 

 

Article 3 : La lutte contre l’isolement par le mouvement

Les adhérents participent à la gestion du lieu, à des activités collectives, des ateliers et des événements réguliers, favorisant ainsi les rencontres et les échanges. En s'impliquant activement dans la vie du lieu, chacun contribue à créer un environnement accueillant et inclusif. Cette participation permet de développer un sentiment d'appartenance et de communauté, réduisant ainsi l'isolement et promouvant le bien-être de tous.

 

Article 4 : Le mouvement pour trouver du plaisir

Au travers de sa participation, chaque adhérent peut trouver du plaisir à agir. Ce plaisir génère de la confiance en soi et permet la définition d’un parcours et d’objectifs personnels.

 

Article 5 : L’état de santé est une priorité

En cas de difficultés de santé entraînant une absence prolongée, chaque adhérent est libre de revenir dès qu'il se sent prêt. Le collectif comprend et soutient ces absences, car elles permettent de revenir en meilleure forme et de s'engager pleinement dans la vie du lieu.

 

Article 6 : Respect et Sécurité

Les injures, le harcèlement (dont sexuel), les agressions, les violences verbales et physiques, ainsi que les menaces, les propos discriminants de quelques natures que ce soit et la destruction volontaire de biens sont interdit au sein de l'association et pourront nécessiter l'intervention des forces de l'ordre. 

L'état modifié de conscience au travers de la consommation d’alcool et autres produits psychotropes entraîne l'impossibilité de rester sur le lieu. La consommation de ces produits est strictement interdite sur et devant le lieu. Toute promotion ou vente de ces produits est interdite.

Toute personne qui ne respecte pas la charte, le lieu ou les personnes présentes peut être invitée à quitter le lieu.

 

  1. Un lieu co-géré

 

Article 7 : Gouvernance collégiale de l’association

Le collectif fonctionne en gouvernance collégiale. Les décisions sont discutées, votées et assumées collectivement. (cf. processus de vote)

L’association dispose de 4 instances pilotées par 2 adhérents élus en Assemblée Générale pour assurer son fonctionnement :

  • Fonctionnement, ateliers et activités,
  • Emploi et insertion,
  • Accueil, qualité et évaluation
  • Communication et partenariat.

 

Le regroupement des 8 adhérents élus des instances constitue le conseil collégial qui dirige l'association. S’il le souhaite, le conseil collégial peut faire appel au conseil consultatif, constitué de professionnels pour le soutenir dans ses décisions.

Tout adhérent peut se mobiliser pour proposer au conseil collégial des idées, des ateliers et tout projet. (cf. aux instances dédiées).

 

Article 8 : Co-gestion quotidienne du lieu

L’ensemble des activités de la vie du lieu et de l’association est réalisé par les adhérents au travers une organisation favorable à ce que chacun puisse contribuer à la hauteur de ses compétences et de ses envies.

L’adhérent, au sein du lieu, doit respecter ses engagements vis-à-vis du collectif. Toutefois, si la trajectoire de vie ne permet plus de les tenir, l’adhérent doit en informer le collectif, sans que rigueur ne lui soit tenue. L’association respecte le rythme de chacun et les capacités de mobilisation et recherche une communication adaptée à la personne.

 

Article 9 : Dynamique collective

Chaque atelier, fonction ou mission sont réalisés à minima en binôme (2 adhérents ou 1 salarié et 1 adhérent). Le collectif se base sur l’entraide pour faire vivre le lieu, chacun se mobilise pour permettre de garantir l’accueil de tous les membres.

 

Article 10 : Valorisation des Compétences

La transmission, le développement et l’acquisition de compétences sont au centre de la vie du lieu. Le lieu fonctionne selon des journées-type de travail permettant de s'inscrire dans une dynamique professionnelle.

Les activités sont définies par une approche métier, ce qui permet à chaque adhérent de mieux repérer ce qu’il a acquis et ce qu’il souhaite apprendre. Les compétences sont ainsi reconnues, encouragées, et peuvent servir les projets à l’extérieur du collectif.

 

Article 11 : Les ateliers collectifs

Les ateliers sont mis en œuvre à l'initiative des adhérents et font l'objet d'une fiche atelier validée par le conseil collégial. Au démarrage, les ateliers sont pilotés ou animés par un ou deux adhérents et un salarié. Après avoir été expérimenté une première fois et si renouvelé, les ateliers pourront être pilotés ou animés uniquement par deux adhérents, selon l’évaluation de l’animation réalisé avec le salarié.

 

Article 12 : Activités Culturelles et Récréatives

Le collectif peut organiser des sorties culturelles, des événements sportifs et des activités récréatives en partenariat avec des associations locales et des institutions culturelles, ou en interne de l’association. Ces activités enrichissent la vie sociale des adhérents et favorisent leur épanouissement personnel.

 

Article 13 : Favoriser l’interconnaissance et la dynamique partenariale et de réseau

Pour soutenir les adhérents de manière individuelle ou collective, l’association les Fougères se mobilise pour être connue et connaître un maximum d’acteurs locaux. Cette interconnaissance permet de proposer des orientations vers d’autres services en fonction des besoins et demandes. L’ouverture sur le territoire permet d’accompagner au mieux la pluralité des parcours.

 

3. Les soutiens individualisés

 

Article 14 : L’élaboration du Parcours et Projet Personnel (PePP)

Chaque adhérent est libre de définir ses propres objectifs, dans le cadre du respect de la charte. La personne partage son projet avec au moins un salarié. Elle peut être accompagnée par la personne de son choix lors de l’élaboration du PePP.

 

Article 15 : L’insertion Professionnelle

L'objectif est de favoriser l'autonomie et l'épanouissement professionnel des adhérents en fonction de leur PePP. L’accès à un emploi se base exclusivement sur l’envie de la personne.

Un accompagnement personnalisé est proposé pour aider chaque adhérent à définir et atteindre ses objectifs professionnels. Cela inclut l'accès à des ateliers de formation, des conseils en orientation professionnelle, et des opportunités de mise en réseau avec des partenaires locaux. Le CEISP peut accompagner vers et dans l’emploi.

 

Article 16 : Le Soutien Social

Afin de permettre l’insertion professionnelle, il est nécessaire de lever les freins entravant cette accession.

Le Collectif Les Fougères s’engage à apporter son soutien sur tout sujet qu’un adhérent pourrait considérer comme empêchant. Ainsi, en fonction de la demande de la personne, le collectif peut soutenir des démarches ou orienter voire accompagner sur les questions de l’accès aux soins, aux droits ou au logement.

 

4. Les Salariés

 

Article 17 : Responsabilité des salariés

 

Les salariés ont l’obligation de respecter la charte.

Par délégation du conseil collégial, ils sont garants du déploiement du projet associatif. Ils ont aussi la responsabilité de s’assurer de la légalité de toute la vie du lieu et le respect des missions dévolues à un CEISP.

Ils ont la responsabilité d’assurer la continuité du lieu en toute circonstance, et notamment en cas d’indisponibilité des adhérents élus aux instances, sans détourner les statuts et le règlement intérieur de l’association.

Ils ont la responsabilité de la supervision et de la transmission des compétences suffisantes de gestion aux adhérents pour administrer et animer le lieu. Les salariés ne peuvent l’assurer sans une participation active des adhérents.

 

Article 18 : Intervention des salariés

En cas de danger grave et imminent, les professionnels peuvent intervenir sans accords de la personne en cause. Sinon, son accord est requis. Enfin, les salariés se doivent d’en informer le conseil collégial. De la même manière, les salariés ne peuvent ni imposer, ni décider à la place du collectif. Ils peuvent être force de proposition mais doivent soumettre leurs idées et projets à l’instance dédiée.

Pour autant, les professionnels ont à relayer toutes informations et opportunités utiles au collectif et parcours individuels, afin que les adhérents puissent, selon leurs envies, besoins et motivations, s’en saisir.

Enfin, autant que possible, les salariés favorisent la co-participation des membres du conseil collégial dans les réunions avec les acteurs locaux.

 

Article 19 : Rendu-compte

Les salariés suivent et rendent compte de la qualité du service rendu ainsi que des indicateurs d’évaluation au Conseil Collégial. Le conseil collégial peut décider de missionner les professionnels pour la réalisation du dialogue de gestion avec l’autorité de contrôle et de tarification.

 

Article 20 : Éviction d’une personne

Par leurs états et/ou leurs comportements, certaines personnes peuvent mettre à mal la vie du lieu et du collectif. Dans ce cas, et uniquement dans ce cas, un salarié peut être amené à demander à une personne de quitter le lieu après un rappel de la charte (article 6). Dans cette situation, le salarié doit poser par écrit les circonstances de cette éviction et le transmettre sans délai au conseil collégial et à l’ensemble de l’équipe salariée. Seul le conseil collégial peut prononcer une exclusion temporaire ou définitive d’un adhérent au travers de sa radiation de sa qualité d’adhérent.